Soyons dignes, soyons patriotes, soyons Français..”
Nicolas Sarkozy
Richard Mallié

Votre député Richard Mallié, 1er questeur de l'Assemblée Nationale
Richard Mallié   Interventions de Richard Mallié  Richard Mallié : pas question de commémorer le 19 mars 1962 ! [vidéo]
Richard Mallié : pas question de commémorer le 19 mars 1962 ! [vidéo]



Intervention du député Richard Mallié qui rappelle que la date 19 mars 1962 représente pour beaucoup de nos compatriotes pieds-noirs ou Harkis le début des souffrances et des drames. Richard Mallié ne retient qu'une seule date : le 5 décembre


 Version texte de l’intervention :

Richard Mallié : pas question de commémorer le 19 mars 1962 !Le 19 mars, certains commémoreront cette date, comme la date correspondant à la fin de la guerre d’Algérie.

Je tiens à dire que je n’ai jamais participé et que je ne participerai pas à la commémoration du 19 mars.

Je ne veux offenser personne, mais il y a une réalité historique.

Quelle est cette réalité ?

Il y eut dans l’année suivant – je dis bien suivant - le cessez-le-feu du 19 mars 1962, plus d’enlèvements et d’assassinats de Harkis, ou civils européens que durant toutes les années de guerre précédentes.

Le 19 mars 1962, le Gouvernement français signait avec le FLN, un cessez-le-feu, que l’on appelle souvent les « accords d’Évian ».

Dès la fin du mois de mars 1962, les fonctionnaires et représentants de l’État (police, gendarmerie, postes, administration fiscale, etc.) commencèrent à se retirer des villes et des villages de l’intérieur du pays.

Face à ce vide administratif et en l’absence de forces de l’ordre, le pouvoir dans chaque ville ou village évacué par les autorités françaises a été pris soit par des groupes de l’ALN, soit par des groupes, souvent violents, se réclamant du FLN.

Les Harkis, les anciens combattants musulmans et en général tous ceux qui avaient participé d’une façon ou d’une autre à l’administration du pays, par exemple comme fonctionnaires, ont été rackettés, arrêtés, torturés, forcés de céder leurs biens, le plus souvent tués et leurs filles violées ou mariées de force.

Il en alla de même pour les européens habitants à l’intérieur du pays, soumis dès lors à la terreur et notamment à la pratique systématique de l’enlèvement.

Les hommes, femmes et enfants enlevés et pour qui une rançon ne fut pas payée, ont été systématiquement tués.

Ceux qui étaient enlevés lors des attaques étaient enfermés dans des camps tenus par des responsables du FLN.

Ils étaient l’objet de mauvais traitements et de tortures, soumis au travail forcé pour les hommes,    violées et transformées en esclaves sexuels pour les femmes et les jeunes filles ; les survivants de ces camps sont peu nombreux, la plupart furent assassinés.

Comment ne pas évoquer également les massacres d’Oran. Ils commencèrent dans la matinée du 5 juillet 1962, le jour officiel même de l’indépendance.

Ces massacres prirent fin officiellement le soir, mais dans les centres de détention où avait été rassemblée la population européenne, les tueries continuèrent pendant plusieurs jours.

Le nombre de victimes du massacre d’Oran se compte en milliers de morts, hommes, femmes et enfants.

Au total, c’est plus de 150 000 harkis et plus de 10 000 pieds-noirs qui ont été tués après , après, la date du 19 mars 1962.

Ils ont droit au respect.  Ils ont droit au respect.

C’est pourquoi, il y a pour moi qu'une seule date pour la commémoration de la fin de la guerre d'Algérie : le 5 décembre.

C’est pourquoi, j’ai également cosigné la proposition de loi de Thierry Mariani visant à établir la reconnaissance par la France des souffrances subies par les citoyens français d'Algérie, victimes de crimes contre l'humanité du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique

La date 19 mars 1962 représente pour beaucoup de nos compatriotes pieds-noirs ou Harkis le début des souffrances et des drames

A l’approche du 50ème anniversaire de l’exode de toute une population arrachée à sa terre natale, j’ai la conviction que seule la date du 5 décembre permet une commémoration dans la dignité, le respect et le recueillement.

Richard Mallié
Député des Bouches du Rhône
Questeur de l’Assemblée Nationale