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Au moins 20 milliards de hausses d'impôt en 2013
Ca cogne très dur !

Au moins 20 milliards de hausses d'impôt en 2013 (© illustration Philippe Barrau)

Le gouvernement a choisi de ne pas réaliser d'économies massives dans les dépenses. Résultat, les ménages et les entreprises porteront l'essentiel de l'effort de redressement des comptes publics.

2013 risque fort de se transformer en «annus horribilis» pour le contribuable. Les impôts des ménages et des entreprises devraient augmenter d'au moins 20 milliards d'euros! Si la facture est aussi salée, c'est parce le gouvernement a choisi, pour redresser les comptes publics, d'actionner d'abord le levier fiscal, avant de faire des économies massives dans les dépenses. Et ce précisément à un moment où l'assainissement devra être colossal.

De fait, pour ramener son déficit public de 4,5% du PIB en 2012 à 3% en 2013, la France va devoir trouver « plus de 30 milliards d'euros », a expliqué vendredi François Hollande, lors de son discours à la Cour des comptes. « Ce sera l'effort budgétaire le plus important consenti depuis trente ans », a ajouté François Hollande. Cette estimation correspond à celle de la Cour des comptes: début juillet, ses magistrats avaient chiffré l'effort à 33 milliards d'euros.

Or le gouvernement compte économiser 12,5 milliards d'euros sur les dépenses (soit moins de 40% de l'effort): 10 milliards sur les dépenses de l'État et 2,5 milliards sur celles de la Sécurité sociale. Pour l'État, la feuille de route est déjà connue: baisse de 7% des dépenses de fonctionnement, réduction d'effectifs dans les ministères non prioritaires. En revanche, c'est encore le flou pour la Sécurité sociale.

Chiffrage optimiste

Mathématiquement, plus de 60% de l'effort va donc porter sur les prélèvements. Soit une note de plus de 20 milliards. Les hausses d'impôt déjà votées lors de la loi de finances rectificative de juillet (contribution d'ISF, taxation des heures sup...) rapporteront 6 milliards en 2013. Il reste donc 15 milliards de hausses d'impôt à inscrire dans les projets de Budget de l'État et de la Sécu qui seront présentés fin septembre.

Et encore, ces chiffrages sont assez optimistes. En effet, la Cour des comptes, pour aboutir à ces 33 milliards d'effort, avait pris comme hypothèse que la croissance économique serait de 1% en 2013. L'estimation avancée par François Hollande vendredi - plus de 30 milliards - laisse entendre que le gouvernement restera proche de cette hypothèse. Et donc qu'il révisera peu sa prévision officielle de croissance, aujourd'hui fixée à 1,2%.

Mais si jamais l'économie flanchait, l'équation budgétaire se compliquerait. 0,1 point de croissance économique en moins, c'est 1 milliard de plus à trouver pour redresser les comptes publics. Le consensus des économistes table sur une hausse du PIB de 0,5% en 2013. Dans ce cas, l'effort serait donc de 38 milliards et les hausses d'impôt pourraient atteindre, si le gouvernement ne changeait pas son plan pour les dépenses, 26 milliards. Un vrai choc, d'autant que les ménages et les entreprises ont déjà été mis à contribution récemment...


Source :
Le Figaro - Cécile Crouzel